Ses fils Paul et André font
leurs études à Vilvorde et poursuivent l'activité
familiale. Ils deviendront célèbres dans le métier
où on les appelle familièrement les frères
Chotard. Leur réputation dépassera de loin nos
frontières tant pour leurs compétences que pour avoir
perpétué la culture de la palmette Verrier
qui enchante nombre de jardiniers amateurs et connaisseurs dont vous,
sans doute.
1996
Ainsi, depuis près de 50 ans, les
frères Chotard produisent dans leur pépinière de
Gosselies les plus beaux arbres fruitiers palissés que l'on
puisse rêver et se positionnent comme les spécialistes
uniques de la célèbre palmette Verrier. En cette
année 1996, ils décident de prendre leur retraite, au
grand dam des amateurs de palissage à l'ancienne et de saveurs
authentiques. Bien entendu, ils s'étaient mis en quête
d'un successeur capable et désireux de prolonger et maintenir ce
patrimoine horticole rare et magnifique Tâche ardue. Il n'est pas
simple, en cette époque de grande industrialisation, de
dénicher un horticulteur disposé à se lancer dans
une culture accaparante, soumise à des règles strictes,
où les méthodes modernes doivent souvent céder le
pas à la tradition.
Mais la chance va tourner grâce
à
Olivier Debaisieux , ingénieur horticole,
qui, depuis un certain temps, s'intéressait au travail des
frères Chotard, s'étant notamment attelé à
l'archivage de leur technique et de leur savoir-faire. Le déclic
se produit : pareil patrimoine ne peut ainsi disparaître. Avec
son épouse Alexandra, il propose de relever le défi en
poursuivant la culture palissée dans le respect absolu de la
tradition et d'assurer ainsi la relève. Les frères
Chotard respirent et les arbres palissés aussi... Cela se
passait en 1996.
1997
Olivier élabore son projet - dont
la première phase consiste ni plus ni moins à
transférer le site d'exploitation - et le présente
au Fonds des Jeunes Entrepreneurs de la Fondation Roi
Baudouin. Succès : il figurera parmi les
Lauréats de cette même année. Un joli petit coup de
pouce et surtout une reconnaissance de son esprit d'entreprise et du
choix volontaire d'un parcours plein d'inconnues. Déjà,
les Pépinières d'Enghien existent et pas seulement sur le
papier. Le sol épuisé de l'exploitation des frères
Chotard impose le déplacement dans un autre site.. C'est
à Petit-Enghien, région propice à ce type de
culture, qu'Olivier et Alexandra entament le long cheminement - 4 ans -
qui les conduira à la première proposition de leurs
arbres fruitiers palissés (poiriers, pommiers, pruniers,
pêchers, cerisiers...). Le compte est simple en effet : il faut
deux ans pour obtenir une greffe réussie et un an par
"étage" autrement dit par niveau de branches palissées.
C'est ainsi que les amateurs auront dû patienter jusqu'à
l'automne 2000 pour renouer avec la beauté et la qualité
auxquelles ils avaient été habitués avec les
frères Chotard. Parallèlement aux arbres fruitiers
palissés, les jeunes entrepreneurs lanceront une culture
de sujets d'ornement (lavandes, lauriers, rosiers, amélanchiers,
buddleia, hisbiscus, clerodendron...) qui bénéficient,
eux aussi, de soins attentifs prodigués dans cet esprit d'amour
de la nature et de passion pour l'authenticité qui les anime.
1999
Un, deux, trois ans... Après la
réussite des premières greffes, le palissage
s'élabore lentement, au rythme de la nature, du travail au
cheval (le tracteur est incapable de se frayer un passage dans ces
allées étroites), dominé par le souci de la
perfection de la
forme. En effet, le palissage à l'ancienne ne
connaît que la symétrie la plus stricte quelle que soit la
forme donnée - cordon simple ou double, fuseau, U ou les deux U
l'un dans l'autre de la palmette Verrier (du nom de son
inventeur).
Rappelons que le palissage -
procédé dont l'origine remonte au moins au XVIe
siècle - consiste à guider les branches d'un arbre sur
des fils de fer ou des lattes de bois. Les branches peuvent notamment
être conduites à la verticale, à l'horizontale ou
en oblique. La palmette peut compter jusqu'à 5 "étages"
ou niveaux. La symétrie impose une distance de 30 cm entre
chaque bras, ce qui exige un travail d'une extrême minutie et
explique que les pépiniéristes exclusivement
motivés par la rentabilité à tout prix s'en
désintéressent. Aux Pépinières d'Enghien
tout s'opère manuellement et à l'aide
d'éléments naturels et biodégradables
(raphia,jonc, osier).
2000
Avec le retour de la saison des
plantations, l'automne 2000 couronne enfin le travail des
Pépinières d'Enghien et met un terme à l'attente
des connaisseurs : les arbres fruitiers palissés sont
prêts à investir les jardins de tout un chacun. Un vrai
bonheur quand on sait que l'arbre fruitier palissé constitue la
solution idéale pour donner de la vie à un mur banal,
créer une séparation végétale harmonieuse
ou orner un départ de façade quelconque. Sans oublier les
retrouvailles avec les beaux fruits d'autrefois et leur saveur
incomparable. A vous le parfum et le goût exquis de la
Beurré d'Hardenpont, de la Reinette étoilée, de la
Reine-Claude dorée crottée, du Brugnon Norton ou du
bigarreau Napoléon ! Et ce, selon une succession naturelle
respectant les saisons.
En échappant aux méfaits
des traitements chimiques abusifs, les arbres des
Pépinières d'Enghien, témoignent d'une
santé vigoureuse et d'une excellente résistance aux
maladies tout en offrant un potentiel de reprise et
d'adaptabilité remarquable.
Choisi selon les conseils d'Olivier
Debaisieux et de son équipe (basés sur les conditions de
plantation : sol, situation, orientation), un fruitier palissé
ne requiert, pour l'amateur, ni connaissances, ni soins particuliers.
Elégant, facile à vivre et
porteur de savoureuses promesses, il trouvera sa place dans tous les
jardins, grands ou petits, de ville ou de campagne. Et voisinera en
bonne intelligence avec l'un ou l'autre sujet d'ornement, un
deuxième coup de coeur qui vous donne rendez-vous aux
Pépinières d'Enghien.